2008-06-07 dans : le journal
Hans-Jörg Dürr et Iñaki Olazabal, complémentarité fusionnelle
Les deux artistes de renommée internationale sont accueillis ce moi-ci à Bardos
Les oeuvres du peintre Hans-Jörg Dürr et le sculpteur Iñaki Olazabal se révèlent à la fois complémentaires et différentes. Elles s'associent parfaitement et introduisent une réflexion sur les
multiples modes d'expression dans l'art contemporain.
Hans-Jörg Dürr, au travers de son travail, illustre parfaitement l'attitude de l'artiste en constante recherche créative. Pour preuve le titre qu'il a choisi de donner à l'ensemble des peintures
qu'il présente à Bardos : "Chantier mobile", des toiles représentatives et témoins de la démarche qu'il poursuit actuellement. Plusieurs voies explorées par l'artiste sont offertes à l'¦il du
public.
"Work in progress"
Tout d'abord les pages de son journal intime sur lesquelles on peut suivre le cheminement de sa pensée, pages dans lesquelles il est amené à revenir plusieurs fois, marquant ainsi, par des
strates successives, l'évolution de ses réflexions nourries de l'inspiration de l'instant.
La série "quadrillé" laisse deviner des mondes intérieurs, au rythme de palpitations chromatiques, perceptibles derrière des treillages, entrelacs de lignes fines ou épaisses, sous lesquelles on
perçoit une vie organique bouillonnante.
Dans la série "Carrelage" le treillage est plus présent, semi-transparent et intervenant en surimpression sur ces peintures parcourues de griffures. L'espace se fait plus ouvert, accumulation de
formes et de couleurs qui se superposent sans jamais s'annihiler.
Une conjugaison de motifs, que l'on retrouve dans les toiles "Pair-impair", s'associant dans un mixage de signes et de symboles, composant une écriture scarifiée dans le support.
Les "Constellations" procèdent d'une alchimie où la feuille d'or et le phosphore donnent naissance à une cosmogonie envoûtante. Les divers éléments, toile, papier, feuille d'or, encre et
phosphore sont transcendés par le caractère sacralisé de l'acte créatif.
Enfin, la série "Carrelage digital" associe peintures et vitres dépolies ou à carreaux, dans des combinaisons cinétiques. Les tableaux se modifient selon l'angle de vue et l'éclairage. Les vitres
à petits carreaux pixellisent la peinture, plaçant la lecture de ces ¦uvres en prise directe avec notre époque.
Par sa démarche, en constante progression, le peintre allemand Hans-Jörg Dürr n'a pas fini de surprendre le public.
Une dramaturgie sereine
Invité à exposer conjointement, par Hans-Jörg Dürr, auquel il est lié par l'amitié et une estime mutuelle, le sculpteur Iñaki Olazabal présente une série de pièces en zinc dont la couleur grise
évoque la pierre, une pierre aux formes douces qui inspire le recueillement et la méditation. Car ces sculptures abstraites érigées dans l'espace d'exposition, posées là comme autant de monuments
intemporels, se déclinent en "sanctuaires" et en "guetteurs" selon que les fenêtres grillagées qui percent la carapace de métal s'enfoncent ou ressortent de l'objet.
L'¦uvre d'Iñaki Olazabal s'inscrit en continuité, dans la lignée des grands sculpteurs basques, dans un travail qui explore le concept de formes enserrant le vide. Par la minéralité de ses
sculptures, l'artiste développe une dramaturgie sereine, l'esprit s'apaise à la vue de ces formes sobres, adoucies par l'emploi d'acides appliqués sur le métal.
Modernes mégalithes ou lieux d'invocations, ces sculptures sont parcourues de vibrations bénéfiques qui irradient l'espace autour d'elles.
Artistes :
Hans-Jörg Dürr et Iñaki Olazabal
Lieux et durée :
Du 1er au 15 juin 2008 au château Salha de Bardos
